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L’isolement ne fait pas de bruit.
La papoteuse
1/7/20261 min read
L’isolement ne fait pas de bruit.
Il ne frappe pas à la porte, il s’installe. Lentement. Presque poliment.
Il commence par un silence un peu plus long que les autres, un message qu’on n’envoie pas, une invitation qu’on décline “une prochaine fois”. Puis il s’étend, comme une brume, jusqu’à rendre le monde lointain.
L’isolement n’est pas toujours synonyme de solitude visible. On peut être entouré, souriant, actif — et pourtant profondément isolé. Parce que l’isolement, ce n’est pas l’absence des autres. C’est l’absence de lien. C’est parler sans être entendu, exister sans être rejoint.
Il enferme sans murs.
Il fatigue sans effort.
Il fait douter de sa propre valeur, jusqu’à faire croire que le silence autour de soi est mérité.
Dans une société saturée de connexions, l’isolement est devenu un paradoxe cruel. Jamais autant de réseaux, jamais autant de solitudes. On défile des vies parfaites pendant que la nôtre se fige. On apprend à se taire pour ne pas déranger, à minimiser ce qui pèse, à porter seul ce qui devrait être partagé.
Mais l’isolement n’est pas une fatalité.
Il recule à chaque mot sincère.
Il se fissure dès qu’on ose dire : “ça ne va pas”.
Il perd de sa force quand on se rappelle que demander de l’aide n’est pas une faiblesse, mais un acte de survie.
Parler, écrire, tendre la main — même maladroitement — c’est déjà résister.
Parce qu’aucun être humain n’est fait pour être une île.
Et parce que parfois, il suffit d’une voix pour briser des années de silence.
La papoteuse
